Exposition Rafiy Okefolahan – Porteur de charges et de rêves
Porteur de charges et de rêves
Vernissage Vendredi 8 mars 2024 à 19h
Rafiy est entré dans le métier d’Artiste par la peinture, en commençant par exposer des toiles engagées et critiques sur son pays d’origine – le Bénin – et son gouvernement. Dès le début, il a travaillé sur les questions d’actualité et de société, puisant son inspiration dans le bruit des conversations « de comptoir », à la radio et au sein des émissions télévisées. Ainsi, Rafiy commence à peindre ceux qu’il appelle “kamikazes urbains” en 2010. Il peint ces hommes comme il les voit sur les routes du Bénin : à moto, surchargés de bidons d’essence “kpayo” (de contrebande), tout droit venus du Nigéria où ils ont récupéré clandestinement leurs cargaisons. Il peint leur quietude aberrante, née de trop d’habitude. Il se révolte de ce trafic meurtrier, alimenté par la corruption. Et dessine ces vies mises en jeu, comme suspendues le temps d’un trajet – une explosion peut survenir à tout instant. Affolé par de telles injustices liées à la pauvreté et aux luttes de pouvoir, Rafiy s’inspire des procédés de dissimulation politiques. Il coupe, recolle, déchire, brûle, rafistole ses toiles. Il accumule, superpose les couleurs. En cache certaines derrière d’autres. Il infiltre dans ses tableaux des matières non conventionnelles – issues de sa tradition vaudou – et « frelate » les produits habituels du peintre avec du marc de café ou des substances chimiques, mêlés à la peinture. Il corrompt le schéma classique de création. Bouleverse les techniques qu’il a apprises, pour montrer comme il est facile de détourner l’ordre établi. Il se sert ainsi de l’hypocrisie qui l’entoure : il l’adopte, et elle devient son arme, son instrument de création.
D’autres séries suivront, toujours inspirées des drames d’actualité, en Afrique et en Europe, Rafiy voyageant beaucoup. Il peint ainsi les mendiants, les oubliés, les torturés. Les victimes de catastrophes naturelles. Et plus récemment, les migrants ou les victimes de la COVID-19. Il conçoit finalement sa production picturale comme un moyen de mettre de l’ordre dans le chaos du réel, de dénoncer, mais aussi de lutter contre l’oubli, de garder en mémoire.

Au Lavoir Moderne Parisien, du 8 au 31 Mars, de 14h à 20h
les vendredis, samedis et dimanche.
ENTRÉE LIBRE